Le consentement au quotidien

les questions autour du consentement ne touchent pas que la sexualité et sont présentes au quotidien. En voici quelques exemples.

(Les initiales des prénoms, les métiers et âges ont été modifiés et ces situations sont publiées avec l’accord de chaque protagoniste.)

A - 56 ans, 

A est graphiste pour un quotidien et a été convoqué l’an dernier par sa direction. Une première plainte en interne pour propos inadaptés a débouché sur une enquête plus approfondie et 7 témoignages ont été recueillis. Il a été mis à pied six mois avant d’être réintégré. A est tombé des nues dans un premier temps et aujourd’hui, après plusieurs séances, il mesure le décalage qui séparait son fonctionnement de ce qui était attendu.

JC - 48 ans

J’ai rencontré JC à un anniversaire où plusieurs générations étaient conviées. j’ai assisté à une scène tristement banale. JC a fait un compliment inapproprié à une jeune femme sur sa robe. En moins de dix minutes, les jeunes gens se sont regroupés et ont exigé le départ de JC. Il a dû partir, humilié en répétant en boucle “Je ne suis pas un agresseur, je ne suis pas un violeur”.

J’ai accompagné JC pendant quelques semaines mais il reste très blessé et méfiant. Le travail se poursuit.

P - 51 ans

P est célibataire depuis huit mois après 24 ans de mariage. Il a essayé de séduire comme il avait appris à le faire il y a plus de 25 ans. sur un appli de rencontres. Il a eu des RV mais 2 se sont mal passés. Lors du premier il a insisté pour payer la note et se l’est vu reproché de manière blessante.

Lors du deuxième, sentant un désir réciproque, il a tenté un baiser (sans demander) ce qui a créé une réaction très vive de la femme qui s’est senti agressée.

P s’est excusé, terrorisé. Il a décidé de me contacter. Deux séances ont suffi.

T - 57 ans

T a pratiqué le libertinage il y a 20 ans et s’est ensuite marié, dans le cadre d’une relation monogame. Lors de son divorce, il a commencé à sortir dans des soirées et a découvert un univers totalement inconnu sur les questions de consentement.

Il a eu la présence d’esprit de ne pas intéragir le premier soir et m’a contacté. En une séance, nous avons reparlé de ces nouveaux codes et il s’est senti prêt. Il m’a écrit six mois plus tard pour me remercier.

C- 38 ans

C pensait bien connaitre les codes de sa génération car il a eu plusieurs aventures ces dernières années et il rencontrait en général des femmes de son âge.

Il y a un an, C est tombé amoureux de V, une femme de 26 ans, et s’est beaucoup investi dans la relation mais peu à peu des tensions sont apparues. V lui a proposé du libertinage, du poly-amour et d’autres explorations de leur sexualité. Il s’est emporté évoquant des pratiques déviantes et malsaines. V a été déçue par son discours qu’elle jugeait rétrograde et l’a quitté.

C a voulu me rencontrer pour ne plus revivre cela.

Ch - 43 ans  

Ch a un profil très particulier et revendique une sexualité atypique. Il a de nombreuses partenaires et se sent donc parfois exposé. Il évolue dans un milieu très à cheval sur le consentement et les IST. Il a conscience de ne pas toujours être irréprochable : il “s’emballe un peu” me dit-il. Il a souhaité prendre juste une séance pour avoir mon avis sur le consentement écrit qu’il commence à utiliser pour limiter les risques.

Les personnes que je n'ai pas suivies

JM - 43 ans, un passé violent et une grande instabilité psychique. Je l’ai orienté vers un psychiatre.

B - 61 ans, masculiniste et misogyne, je n’ai rien pu faire pour lui. Je lui ai expliqué les raisons de mon refus.

M - 40 ans, refusait toute remise en cause et répétait en boucle que c’était mieux avant. Nous n’avons fait qu’une seule séance, je ne pense pas l’avoir beaucoup aidé.

J - 47 ans , cherchait en fait un coach en séduction.

T- 60 ans

Veuf depuis 3 ans, T. veut “sortir du célibat” qui lui pèse. Il a bien suivi l’épisode #Metoo, l’affaire Depardieu et celle de PPDA. Il n’est pas du tout rassuré car il a peur de faire un faux pas et d’impacter ses proches et en particulier ses enfants. Je l’accompagne depuis quelques semaines et il commence un peu à être rassuré. Je pense qu’il sera bientôt prêt pour une rencontre.

B - 53 ans

Célibataire volontaire et chef d’entreprise d’une PME, B. se qualifie lui-même de “un peu lourd” avec les femmes. Il a conscience que certaines de ses attitudes passées lui vaudraient aujourd'hui peut-être des plaintes. B a déjà pris beaucoup de recul mais il ne maîtrise pas encore totalement les codes du consentement, il est très vigilant désormais, presque trop. B m’a très vite présenté ses deux objectifs : devenir un “homme bien” et éviter les scandales. On y travaille.