Le consentement : un frein ou un allié ?
La notion de consentement dans les relations intimes ou professionnelles s’est largement développée ces dernières années et c’est une excellente nouvelle. Chacun aura toutefois remarqué que de nombreux freins demeurent : le nombre d’agressions demeure très élevé et les mouvements masculinistes haineux à l’égard des femmes gagnent chaque jour en influence, en particulier chez les jeunes.
Pourquoi de nombreux hommes continuent-ils à ne pas considérer le consentement comme la solution pour avoir des relations apaisées ?
Une des raisons est que certains pensent que de proposer une interaction risque d'entraîner un refus et pour éviter cette frustration, ils préfèrent s’en dispenser.
Cette croyance, vieille comme le monde, suppose que les désirs des hommes sont presque infinis alors que ceux des femmes sont plus capricieux, insaisissables.
Je suis convaincu que tout ceci est faux, les désirs chez la femme peuvent échapper à la compréhension masculine, mais il n’en restent pas moins très intenses et réguliers.
Penser que les femmes ont peu d’envies est une erreur, elles en débordent mais pour qu’elles puissent les exprimer, la bienveillance, le respect et le sentiment de sécurité sont incontournables, comme chez les hommes d’ailleurs.
J’ai 55 ans et comme tous les hommes de mon âge, j’ai été éduqué avec des codes de rencontre et de séduction souvent inappropriés. Mon parcours m’a permis de vivre de nombreuses expériences et j’ai pu changer ma posture initiale : j’ai découvert progressivement et apprivoisé les nouveaux codes relationnels.
Je dois avouer avoir eu des doutes et quelques réticences mais aujourd’hui le recueil du consentement n’est plus un frein ou un problème pour moi, c’est d’ailleurs tout l’inverse car je le perçois comme un allié.
Un allié… ce terme va en surprendre plus d’un et pourtant c’est ce que je ressens.
Pour ma partenaire : la démarche est extrêmement rassurante et permet d’évoquer ses désirs et limites et de les comparer aux miens. Ce cadre permet un lâcher prise réciproque salutaire pour la qualité de l’interaction.
Pour moi : le recueil du consentement a mis fin à des tensions internes récurrentes. Je me demandais si je pouvais embrasser telle nouvelle partenaire, et à quelle moment… Est-ce une bonne idée de me coller à elle en dansant ? Va-t-on faire l’amour ? Elle a l’air d’en avoir envie… enfin je crois… Ces questions ont pris fin et les tensions avec, puisque je connais désormais à l’avance les interactions possibles et celles qui ne le sont pas. Si je conviens avec une femme que nous n’aurons pas de sexualité le premier soir, je suis absolument certain qu’il n’y en aura pas et je peux donc me libérer de cette question et profiter pleinement de tout ce que la soirée peut m’offrir.
J’ai pris le parti de perdre en spontanéité pour gagner en sérénité dans la relation. J’avoue avoir eu du mal à renoncer à ces élans du corps non verbaux que j’estimais romantiques et naturels. Je vois les choses autrement car demander si on peut embrasser quelqu’un n’enlève pas le charme ni la qualité du baiser.
La spontanéité revient très vite bien entendu, dès que les partenaires connaissent leurs désirs et limites respectifs
J’invite les hommes à ne pas avoir peur de changer, il y a quelque chose de très rassurant dans ces nouveaux codes, et ce n’est jamais au détriment du plaisir ou du désir.
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