Consentement : les quinquagénaires sont-ils récupérables ?

La génération X masculine (1965-1980) a très largement été imprégnée par la culture du patriarcat et il n’a échappé à personne que les jeunes générations luttent aujourd’hui, et c’est heureux, contre cette posture qui continue à générer bien des souffrances.

Je fais partie de cette génération et à ce titre je devrais comme chaque homme me poser la question : ai-je des comportements problématiques et si oui ai-je la capacité de m’adapter aux nouveaux codes relationnels désormais incontournables ? En bref, la question est de savoir si les hommes de ma génération sont récupérables ou non.

Les mouvements féministes utilisent le terme de “déconstruction” et chacun conviendra que changer ses habitudes est compliqué, en particulier pour ce qui touche à l’intime et qui est ancré depuis de très nombreuses années. Cela concerne bien entendu les rencontres, la sexualité mais aussi les relations au travail, en amitié, au sein de la famille et plus largement le savoir-vivre au quotidien.

Je conseille et accompagne des personnes sur ces questions, en majorité des hommes, car mon parcours personnel et mes expériences de vie m’ont apporté des connaissances très fines sur la question du consentement.

Suis-je légitime à le faire ou doit-on confier cette tâche éducative à des personnes plus jeunes qui ont été élevées avec une culture plus respectueuse de l’autre ?

Il me semble avoir ma place parmi les acteurs du changement car j’ai fait une observation : certains hommes peuvent facilement s’interroger sur leurs comportements à condition de ne pas se sentir jugés ou soupçonnés par défaut d’être possiblement problématiques.

J’ai fait le pari de parler de ces sujets sérieux avec des hommes de mon âge, sans jugement, de pair à pair et en partageant mon expérience sans tabou. Je parle des magnifiques liens que j’ai pu tisser mais aussi de mes maladresses, de mes progrès et du chemin qui me reste à parcourir. Et surtout j’écoute, les histoires, les doutes et les envies de chacun, bien présentes.

Je constate aujourd’hui que ces échanges permettent à certains de mieux protéger leurs partenaires, vivre pleinement leurs désirs et se protéger.

Ces démarches prennent du temps mais débouchent sur des changements significatifs et des peurs apaisées.

Les hommes de ma génération ont encore des désirs très présents et il me semble indispensable de garder le lien avec eux pour expliquer, conseiller, rappeler la loi et sensibiliser aux nouveaux codes. Les isoler ou les exclure ne protégera ni leurs futurs partenaires ni eux-mêmes.

La déconstruction complète est un objectif très ambitieux car il est difficile de se défaire de son éducation mais les hommes doivent et peuvent apprendre. Ils le font encore mieux quand ils ont compris une chose fondamentale : la démarche d’obtenir le consentement du partenaire ne conduit pas au renoncement de ses propres désirs. Et c’est peut-être même l’inverse.

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Contactez-moi ici ou par mail : bertrand@lesnouveauxcodes.fr

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Pourquoi certains hommes ont peur de mal faire ?