Le consentement écrit : doit-on s’y mettre ?
Dans une relation intime homme-femme, il y a normalement plusieurs étapes qui précèdent le recueil du consentement.
La première phase consiste, avant même de verbaliser quoique ce soit, à évaluer la situation avec ce que l’on ressent et ce que l’on se représente des intentions de l’autre. C’est insuffisant mais nécessaire.
On peut par exemple se poser les questions suivantes :
Mon désir est-il authentique et bien défini ?
Ma partenaire semble t-elle dans les mêmes dispositions que moi ?
La situation est-elle légale et moralement acceptable ?
La sécurité physique et affective de ma partenaire est-elle garantie ?
Si les indicateurs semblent favorables pour au moins ces quatre points, le recueil du consentement oral peut se faire de la manière la plus simple au monde : en demandant.
Il est préférable de poser des questions très claires et précises. Si le souhait des deux partenaires est par exemple d’avoir une relation sexuelle, la question : “Es-tu d’accord pour aller plus loin ?” ne suffit pas. En effet, “aller plus loin” pourrait signifier un baiser, un massage ou des caresses et le malentendu serait immédiat.
Poser des questions précises
On préférera donc des questions directes et factuelles “Aimerais-tu faire l’amour avec moi ?” ou équivalent afin de dissiper les malentendus. On peut aussi détailler la question en évoquant les pratiques.
J’observe chaque jour les résistances de mes clients à poser ce type de questions car ils craignent de perdre en spontanéité dans leurs élans… J’essaye de les rassurer en leur prouvant qu’ il s’agit juste d’une simple question fondamentale et qui n’altère en rien l’intensité du moment.
Le consentement oral est en général suffisant dès lors qu’on a conscience qu’il doit être enthousiaste, libre et révocable. Toutefois, certaines personnes utilisent une précaution supplémentaire pour s’assurer de la qualité de la relation : le consentement écrit.
Le principe est de poser les mêmes questions qu’à l’oral mais en les écrivant sur un support qui rassurera les deux partenaires. Cela se fait en général sur papier, par messagerie, sur les réseaux sociaux ou via des enregistrements vocaux, les supports sont variés.
Pourquoi utiliser le consentement écrit ?
C’est juste une protection supplémentaire pour chacun des deux partenaires en complément du consentement oral. En écrivant ce qui est autorisé ou non, on augmente les garanties de sécurité et on diminue les risques de dérapages ou de violences.
Chez les jeunes générations, il est tout à fait naturel et pas du tout perçu comme un tue l’amour. Ce n’est pas ce que ressentent de nombreux quinquagénaires hommes et femmes qui ont l’impression de remplir un tableur ou de faire une liste de courses.
Je précise qu’il n’existe pas de formulaire type et que la validité juridique de ce type de document n’est pas systématique.
Dans quels cas peut-on utiliser le consentement écrit ?
Je vois plusieurs situations où il peut être le bienvenu :
lorsqu’un des deux partenaires le réclame
lorsqu’on doute de la capacité du partenaire à s’exprimer librement à l’oral
lorsqu’il y a le moindre doute sur une possible emprise
lorsqu’il y a une importante différence d’âge entre les deux partenaires
lorsqu’il y a des pratiques intenses ou physiquement à risques
Vos réactions sont les bienvenues même si je me doute que les hommes et femmes de ma génération ne vont pas tous aimer lire ce que j’ai écrit. Je ne le fais pas pour plaire mais pour sensibiliser aux nouveaux codes qui sont désormais incontournables. Il est indispensable aujourd’hui de protéger ses partenaires et fortement conseillé de se protéger soi-même. C’est du bon sens et une belle promesse de relations apaisées à l’avenir.